Un bourg primé
Récompensé par le prix Urbacharme en 1987 qui consacre la recherche d’une qualité de vie, le vieux bourg de Chaniers possède le cachet de ces petits villages qui se dévoilent à chaque coin de ruelle. Greffées à la rue Aliénor d’aquitaine, les impasses Saint Antoine, du Prieuré et autre places de la Seigneurie ou Jean Pourcelet révèlent un patrimoine à fleur de pierres et de nature. Là, une verrière art déco de toute beauté, de part et d’autre du bourg développé autour de l’église Saint Pierre, des façades typiques dissimulant des cours intérieures, plus bas des peupliers sur une vaste prairie (le communal) invitent inexorablement à la détente.
Niveau bac
Semblant se jeter dans le petit port, la rue médiane de la commune s’arrête au mythique et dernier bac sur la Charente. Passage insolite et gratuit pour les promeneurs, cyclistes et automobilistes, la structure métallique permet de traverser le fleuve pour rejoindre Courcoury ou Saint-Sever-de-Saintonge. Aux commandes du mécanisme, Éric est le passeur de rives. Depuis 18 ans, il est aux petits soins pour ce moteur diesel à pompe hydraulique qui entraîne un barbotin à chaîne maintenu par un câble. D’avril à octobre, le bac se meut avec nonchalance à raison de 40 à 50 fois par jour pour une durée aller-retour de 5-6 minutes.
Au fil de l’eau
Après cette traversée certes courte mais unique, empruntez le circuit pédestre balisé de petite randonnée proposé par le Comité départemental de randonnée pédestre en Charente-Maritime, et suivez le lit du fleuve. Rendez-vous des pêcheurs et des pique-niqueurs, les lieux oscillent entre générosité naturelle et calme enchanteur. Votre tranquillité ne sera troublée que par l’apparition taquine en surface des poissons ou par le « bonjour » des habitués, randonneurs ou vacanciers. Un peu plus en amont, se trouvent le moulin, les écluses et le barrage de la Baine construits sous Colbert.
La roue de l’histoire
Datant du 17è siècle, le Moulin royal de la Baine possédait sept passages d’eau qui en faisait le plus puissant de la région. Il alimentait en farine de blé et d’orge la marine royale basée en aval, au port de Rochefort. Les gabares assuraient l’approvisionnement en grain et repartaient chargées de farine. Une fois sur le site, prenez le temps de traverser le moulin en empruntant le passage intérieur en dessous du restaurant. Des passages étroits (interdits au vélo) vous conduisent jusqu’à la roue à aubes et toute la machinerie de l’ancien moulin à eau.